Quels sont les rôles et missions d’un tuteur en alternance ?

  • Accueil
  • /
  • Blog
  • /
  • Quels sont les rôles et missions d’un tuteur en alternance ?

L’arrivée d’un alternant dans une entreprise ne se limite pas à la signature de son contrat. Pour apprendre son métier, comprendre le fonctionnement de l’organisation et progresser dans ses missions, il doit bénéficier d’un accompagnement régulier.

L’employeur doit donc désigner une personne chargée de suivre son parcours professionnel. Selon le contrat conclu, cette personne est appelée maître d’apprentissage ou tuteur.

Son rôle est essentiel : elle accueille l’alternant, l’aide à développer ses compétences, organise progressivement ses missions et assure la liaison avec l’établissement de formation..

 

Quelle différence entre un tuteur et un maître d’apprentissage ?

Les deux fonctions poursuivent un objectif similaire, mais leur appellation dépend du contrat de l’alternant.

Le maître d’apprentissage accompagne un salarié en contrat d’apprentissage. Il est directement responsable de sa formation pratique et travaille en liaison avec le centre de formation d’apprentis, ou CFA.

Le tuteur accompagne un salarié en contrat de professionnalisation. Il contribue à son intégration, à l’organisation de son activité et à l’acquisition de ses savoir-faire professionnels.

Dans les deux cas, l’accompagnateur aide l’alternant à établir un lien entre les connaissances étudiées en formation et leur application dans l’entreprise. Les critères de désignation et le nombre d’alternants pouvant être suivis ne sont toutefois pas identiques.

 

Pourquoi l’accompagnement de l’alternant est-il essentiel ?

L’alternant possède le statut de salarié, mais il reste engagé dans un parcours de formation.

Il ne peut donc pas être considéré immédiatement comme un collaborateur totalement autonome. Ses missions doivent être cohérentes avec le diplôme ou la certification préparée et évoluer progressivement en fonction de ses compétences.

Un accompagnement efficace permet notamment de :

  • faciliter l’intégration dans l’entreprise ;
  • clarifier les missions et les attentes ;
  • transmettre les méthodes de travail ;
  • développer les compétences professionnelles ;
  • identifier rapidement les difficultés ;
  • coordonner les périodes en entreprise et en formation ;
  • mesurer les progrès réalisés ;
  • préparer progressivement l’alternant à davantage d’autonomie.

Le rôle du tuteur ou du maître d’apprentissage est avant tout professionnel et pédagogique. Il ne s’agit pas nécessairement du supérieur hiérarchique direct de l’alternant, même si les deux fonctions peuvent être exercées par la même personne.

 

1. Préparer l’arrivée de l’alternant

L’accompagnement commence avant le premier jour de travail.

Le tuteur ou le maître d’apprentissage doit connaître :

  • la formation préparée ;
  • les compétences attendues ;
  • le rythme d’alternance ;
  • la durée du contrat ;
  • les modalités d’évaluation ;
  • les principales échéances scolaires ;
  • les missions prévues dans l’entreprise.

Il est également utile de préparer :

  • le poste de travail ;
  • les accès aux logiciels ;
  • l’adresse électronique professionnelle ;
  • le matériel nécessaire ;
  • le planning des premiers jours ;
  • les documents de présentation de l’entreprise ;
  • les premiers rendez-vous avec l’équipe.

Cette préparation évite que l’alternant commence son contrat sans mission, sans équipement ou sans interlocuteur clairement identifié.

 

2. Accueillir et intégrer l’alternant

Les premiers jours ont une influence importante sur la suite du parcours.

Le tuteur ou le maître d’apprentissage présente à l’alternant :

  • l’activité de l’entreprise ;
  • son organisation ;
  • les membres de l’équipe ;
  • les outils utilisés ;
  • les horaires ;
  • les règles internes ;
  • les consignes de sécurité ;
  • les habitudes de communication ;
  • les missions qui lui seront confiées.

Il doit également expliquer clairement à qui l’alternant peut s’adresser en cas de question ou de difficulté.

Une bonne intégration ne consiste pas seulement à faire visiter les locaux. L’alternant doit comprendre son rôle, les objectifs de son poste et la manière dont son travail s’inscrit dans l’activité de l’entreprise.

 

3. Définir des missions adaptées à la formation

Les missions confiées doivent être en rapport avec la qualification préparée.

Un alternant en marketing digital pourra, par exemple, participer à la création de contenus, à la gestion des réseaux sociaux, au référencement ou à l’analyse des performances.

Un alternant en ressources humaines pourra contribuer à la gestion administrative, au recrutement, à l’intégration des salariés ou au suivi de la formation.

Le tuteur doit éviter deux situations opposées :

  • confier uniquement des tâches simples et répétitives pendant toute la durée du contrat ;
  • demander immédiatement à l’alternant d’assumer des responsabilités pour lesquelles il n’a pas encore été préparé.

L’objectif est d’organiser une montée en compétences progressive.

 

4. Former et transmettre les bonnes pratiques

Le tuteur ou le maître d’apprentissage transmet les connaissances qui ne peuvent pas toujours être apprises uniquement en cours.

Il peut notamment expliquer :

  • les méthodes propres à l’entreprise ;
  • les outils et logiciels utilisés ;
  • les procédures internes ;
  • les attentes des clients ;
  • les contraintes du secteur ;
  • les règles de qualité ;
  • les comportements professionnels attendus ;
  • les erreurs à éviter.

La transmission doit être adaptée au niveau de l’alternant.

Montrer une tâche une seule fois ne suffit pas toujours. Il peut être nécessaire de la décomposer, de fournir un exemple, de laisser l’alternant essayer, puis de corriger avec lui les éventuelles erreurs.

 

5. Donner des objectifs précis

Un alternant progresse plus facilement lorsqu’il connaît les résultats attendus.

Plutôt que de lui demander simplement de « gérer les réseaux sociaux », il est préférable de préciser :

  • les plateformes concernées ;
  • la fréquence de publication ;
  • les cibles ;
  • le ton à respecter ;
  • le processus de validation ;
  • les indicateurs à suivre ;
  • la date de livraison.

Chaque mission importante doit comprendre :

  • un objectif ;
  • une échéance ;
  • les ressources disponibles ;
  • le niveau d’autonomie accordé ;
  • la personne chargée de valider le travail.

Cette organisation réduit les incompréhensions et permet d’évaluer le travail sur des critères concrets.

 

6. Organiser des points de suivi réguliers

Le suivi ne doit pas intervenir uniquement lorsqu’un problème apparaît.

Il est recommandé de prévoir des échanges réguliers, particulièrement pendant les premières semaines.

Un point de suivi peut permettre d’aborder :

  • les missions réalisées ;
  • les compétences acquises ;
  • les difficultés rencontrées ;
  • la charge de travail ;
  • les relations avec l’équipe ;
  • les besoins en formation ;
  • les prochaines responsabilités ;
  • les échéances scolaires.

Ces rendez-vous peuvent être courts, mais ils doivent être réguliers et permettre un véritable échange.

L’alternant doit pouvoir exprimer ses questions sans craindre que chaque difficulté soit interprétée comme un manque de compétence.

 

7. Assurer la liaison avec l’école ou le CFA

L’accompagnement de l’alternant repose sur une relation entre trois parties :

  • l’alternant ;
  • l’entreprise ;
  • l’établissement de formation ou le CFA.

Le maître d’apprentissage accompagne l’apprenti en liaison avec le CFA. Le tuteur d’un salarié en contrat de professionnalisation doit notamment assurer la liaison avec l’organisme chargé de la formation et participer à l’évaluation du suivi.

Cette communication permet de :

  • vérifier la cohérence des missions ;
  • suivre les compétences attendues ;
  • anticiper les périodes d’examen ;
  • signaler une difficulté ;
  • participer aux bilans ;
  • ajuster l’accompagnement.

Le tuteur ne doit donc pas attendre la fin du contrat pour découvrir les attentes de l’établissement.

 

8. Évaluer les progrès de l’alternant

L’évaluation ne doit pas se limiter à une appréciation générale comme « motivé » ou « sérieux ».

Elle doit s’appuyer sur des éléments précis :

  • la qualité du travail ;
  • le respect des délais ;
  • la maîtrise des outils ;
  • la compréhension des consignes ;
  • l’autonomie ;
  • la capacité à communiquer ;
  • la prise d’initiative ;
  • la progression depuis le début du contrat ;
  • la capacité à prendre en compte les retours.

Il est important de distinguer une erreur liée à l’apprentissage d’un manque d’implication répété.

L’évaluation doit permettre de reconnaître les réussites, mais aussi de définir des axes d’amélioration concrets.

 

9. Faire évoluer progressivement l’autonomie

L’objectif de l’alternance est de permettre au salarié de devenir progressivement opérationnel.

Au début du contrat, le tuteur peut donner des consignes détaillées et contrôler régulièrement le travail.

Par la suite, l’alternant peut prendre en charge :

  • une mission complète ;
  • un portefeuille de tâches ;
  • un projet ;
  • une relation avec certains interlocuteurs ;
  • un reporting ;
  • une présentation de résultats.

L’autonomie doit être accordée progressivement, en fonction des compétences réellement démontrées.

Être autonome ne signifie pas être laissé seul. Même lorsqu’il maîtrise davantage son poste, l’alternant doit conserver un interlocuteur disponible.

 

Qui peut être maître d’apprentissage ?

Le maître d’apprentissage doit être majeur, volontaire et disposer des compétences professionnelles et pédagogiques nécessaires. Il peut être un salarié, l’employeur ou le conjoint collaborateur de l’employeur.

Les conditions dépendent de son niveau de qualification :

  • s’il possède un diplôme ou un titre du même domaine que celui préparé par l’apprenti, il doit justifier d’au moins un an de pratique professionnelle en rapport avec cette qualification ;
  • s’il ne possède pas le diplôme ou le titre correspondant, il doit justifier d’au moins deux années de pratique professionnelle en rapport avec la qualification préparée.

Les périodes de stage, d’apprentissage ou de professionnalisation ne sont pas comptabilisées dans cette expérience. Une convention collective ou un accord de branche peut prévoir des règles différentes.

Un maître d’apprentissage peut généralement accompagner simultanément deux apprentis et un apprenti dont la formation a été prolongée après un échec à l’examen. Plusieurs maîtres d’apprentissage peuvent également intervenir dans le cadre d’une équipe tutorale, à condition qu’un référent soit désigné pour assurer la coordination avec le CFA.

 

Qui peut être tuteur en contrat de professionnalisation ?

Dans le cas général, le tuteur est choisi parmi les salariés qualifiés de l’entreprise.

Il doit :

  • être volontaire ;
  • être salarié de l’entreprise ;
  • justifier d’au moins deux ans d’expérience professionnelle en rapport avec la qualification visée.

Un tuteur salarié peut accompagner simultanément trois personnes en contrat de professionnalisation.

L’employeur peut exercer lui-même cette fonction s’il remplit les conditions d’expérience et de qualification. Dans ce cas, il peut accompagner simultanément deux personnes.

Des règles particulières s’appliquent aux entreprises de travail temporaire, aux associations intermédiaires et aux groupements d’employeurs.

 

Le tuteur doit-il être le manager de l’alternant ?

Le tuteur peut être le manager direct de l’alternant, mais ce n’est pas une obligation générale.

Le plus important est qu’il :

  • maîtrise le domaine professionnel concerné ;
  • dispose de suffisamment de temps ;
  • connaisse les missions de l’alternant ;
  • soit capable de transmettre ses compétences ;
  • communique avec l’établissement ;
  • puisse suivre régulièrement la progression.

Choisir un salarié très expérimenté mais jamais disponible peut s’avérer moins efficace que désigner un collaborateur capable d’organiser de véritables temps d’accompagnement.

 

Quelles qualités sont nécessaires pour accompagner un alternant ?

L’expertise technique ne suffit pas toujours pour transmettre efficacement un métier.

Un bon tuteur doit notamment faire preuve :

  • de pédagogie ;
  • d’écoute ;
  • de patience ;
  • de disponibilité ;
  • de clarté ;
  • de capacité d’organisation ;
  • d’exemplarité ;
  • d’adaptabilité ;
  • de diplomatie.

Il doit savoir donner un retour précis sans décourager l’alternant et reconnaître ses progrès sans masquer les compétences qui restent à développer.

 

Quelles erreurs éviter dans l’accompagnement d’un alternant ?

Certaines pratiques peuvent fragiliser la réussite du contrat :

  • ne prévoir aucune intégration ;
  • confier des missions sans expliquer leur objectif ;
  • laisser l’alternant sans activité ;
  • utiliser l’alternant uniquement pour des tâches secondaires ;
  • ne jamais organiser de point de suivi ;
  • attendre la fin du contrat pour signaler les difficultés ;
  • ignorer le calendrier de l’école ;
  • confondre autonomie et absence d’encadrement ;
  • comparer constamment l’alternant à un salarié expérimenté ;
  • ne pas reconnaître les progrès réalisés ;
  • confier des missions sans rapport avec la formation.

Un accompagnement insuffisant peut entraîner une perte de motivation, des difficultés scolaires ou une rupture anticipée du contrat.

 

Quels bénéfices pour l’entreprise ?

La fonction tutorale représente un investissement, mais elle peut aussi apporter plusieurs bénéfices à l’entreprise.

Elle permet notamment de :

  • transmettre les savoir-faire internes ;
  • préparer de futurs recrutements ;
  • structurer l’intégration des nouveaux collaborateurs ;
  • développer les compétences pédagogiques des salariés ;
  • valoriser les collaborateurs expérimentés ;
  • faire évoluer les méthodes de travail ;
  • renforcer les liens avec les établissements de formation.

Un alternant correctement accompagné peut progressivement contribuer aux projets de l’entreprise et devenir, à la fin de sa formation, un candidat déjà familiarisé avec son organisation.

 

Quels bénéfices pour le tuteur ou le maître d’apprentissage ?

Accompagner un alternant permet au tuteur de développer de nouvelles compétences.

Il apprend notamment à :

  • transmettre une méthode ;
  • formuler des objectifs ;
  • déléguer progressivement ;
  • donner un retour constructif ;
  • évaluer des compétences ;
  • adapter sa communication ;
  • organiser un parcours de progression.

Cette mission peut ainsi constituer une première expérience d’encadrement et valoriser l’expertise du salarié au sein de l’entreprise.

 

Construire une relation de confiance

Le tuteur ou le maître d’apprentissage occupe une place centrale dans la réussite de l’alternance.

Son rôle ne consiste pas seulement à distribuer des tâches ou à contrôler le travail. Il doit créer les conditions permettant à l’alternant d’apprendre, de comprendre ses erreurs, de progresser et de devenir progressivement autonome.

Une relation fondée sur des objectifs clairs, des échanges réguliers et des retours constructifs profite à l’alternant, au tuteur et à l’entreprise.

Vous souhaitez recruter un alternant en commerce, marketing digital, e-commerce ou ressources humaines ? L’EIMParis accompagne les entreprises dans l’identification de profils correspondant à leurs besoins et dans la mise en relation avec ses candidats.

La communauté EIMP